Se croire ce que l'on est pas.
J'ai maintenant 21 ans. C'est pas très vieux et ce n'est plus jeune. Je suis capable de faire la part des choses. Je suis capable de comprendre bien des choses aussi. Et, heureusement, je n'ai plus besoin de la petite école pour croire en quelque chose.
Par le fait même, je vois les gens autour de moi vieillir aussi. Il y en a que je connais depuis longtemps, d'autres que je connais depuis peu. Je pourrais très bien séparer mes connaissances dans ces deux groupes, mais ça ne voudrait rien dire. Je devrais plutôt dire ceux qui sont authentique et ceux qui ne le sont pas.
Partout où je vais, il y a toujours quelqu'un qui se croit au dessus de ses affaires. Une personne qui malgré le peu de choses qu'elle sait persiste à nous faire croire qu'elle est çi ou qu'elle est ça.
Il y a cette chanson de Jean Leclerc (Everybody wants to leave) qui raconte la vie de quelqu'un qui connait tout le monde, qui a des "plugs" un peu partout pour faire un disque de musique avec untel pour finalement dire que ça ne marche pas à cause d'un petit pépin. Cette personne qui parle juste d'elle crée le même sentiment dans le coeur de ceux qui l'écoute... she just don't get that everybody wants to leave.
Ça c'est la personne qui s'est convaincu elle-même de ce qu'elle n'est pas ou plutôt de ce qu'elle voudrait être. On a tous nos rêves, on a tous nos fantasmes, nos fabulations, mais il faut faire la part des choses entre le rêve et la réalité. Il faut trimer dure et arrêter de parler. Le fait de se vanter de quelque chose qu'on a pas encore ne fait que se tirer dans le pied lorsque le projet tombe à l'eau. Pourquoi ne pas faire ce qu'on a faire de son côté et quand on atteint notre but, on le dit aux autres? Nous sommes tous des Thomas. On va l'crère quand on va l'vouère.
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Il y a également la personne qui croit être autre chose à cause de quelqu'un d'influent dans sa vie.
Je prend exemple sur un gars dans mon équipe de hockey. Un petit gars de 18 ans qui n'a pas fait le Junior A et qui s'est ramassé dans le Junior B. Jusque là, c'est la triste réalité. Sauf que la réalité se voit déformer quand le père du petit gars va voir le directeur pour lui demander une autre chance parce qu'il croit dur comme fer que son gars est assez bon pour être dans la meilleure équipe. Ainsi, le père va voir le fils pour lui dire qu'on lui laisse une deuxième chance, car le coach croit avoir fait une erreur.
Même scénario, le gars se fait couper du "grand" club et se ramasse avec les autres... les perdants. Je dis perdants parce qu'en voyant l'attitude du gars depuis le début de l'année, il a l'air de nous prendre pour des perdants.
Ça c'est parce que le paternel répète au petit gars qu'il est le meilleur et que les autres ont fait erreur.
Comment prouver à quelqu'un qu'il a fait une erreur? En travaillant et en démontrant qu'on mérite notre place. Or, pour lui, ce ne semble pas être le cas. Se croire pour Alex Kovalev ne fait pas de nous un Alex Kovalev.
Ainsi, notre Kovy n'écoute pas les conseils des autres. Il mange la rondelle, il ne patine pas et quand on va lui dire "Écoute, fait de la passe. Arrête de toujours garder le puck et joue au hockey." On se fait répondre "Ouin, mais y'a jamais personne qui me suit."
Encore une fois, on n'entend pas le garçon, on entend le père. Celui qui, à la maison, redit à son gars "Lâche pas, joue ta game à toi, pas aux autres et qui sait, peut-être qu'il va y avoir des éclaireurs de la grande ligue qui vont traîner par là.".
Grosse bullshit!
À 22 ans, l'enfant ne pourra plus jouer dans le hockey mineur. Il sera désormais membre d'une ligue de garage quelconque avec le paternel. Le pire dans tout ça, c'est que dans la petite tête du jeune, tout ce qui restera gravé est "Si le coach ne m'avait coupé, j'aurais pu aller loin. Ils sont contre moi!"
À 25 ans, l'enfant devenu adulte va commencer à murir sans l'aide de son papa. C'est là qu'il va se dire "Merde... Ça fait quatre ans que je ne joues plus dans le mineur. Je m'ennuis de ces années là à aller jouer au hockey avec une gang de chums dans le seul but de gagner. Que je sois dans le Junior B ou le Midget AAA. Mon but c'était de jouer au hockey pas d'en faire une histoire de gammick."
Le gars se mettra à pleurer intérieurement et probablement qu'à la prochaine partie de sa ligue de garage, il commencera à patiner, à passer la rondelle, à bien jouer défensivement et à aimer jouer au hockey.
Parce que c'est pour ça qu'on joue au hockey.
